L'offrande du mandala

Publié le par jadis

La pratique du mandala est tourné vers l’accroissement des facteurs positifs, au moyen du développement des mérites et de l’approfondissement de notre conscience éveillée.

D’après la présentation traditionnelle de la pratique du mandala, des objets symboliques précis sont
nécessaires : deux petits disques de métal nommés mandala sont utilisés comme support en méditation. Le plus beau d’entre eux est placé sur l’autel où cinq tas de riz ont été géométriquement ordonnés : un au centre et un dans chacune des quatre directions cardinales. C’est ce qui et nommé drupay mandala ou « mandala de l’accomplissement ». L’autre mandala, qui est tenu dans la main, est nommé chöpay mandala, ce qui signifie
« mandala des offrandes ». C’est sur ce disque que sont déposés, selon un schéma traditionnel, les tas de riz qui deviennent eux-mêmes le point de départ de notre visualisation d’un mandala archétypal (structure de l’univers).


mandala 1Visualisation des sources du refuge
Dans la pratique du mandala, nous visualisons le lac et l’arbre dans un immense palais, situé dans le ciel en face de nous ; palais quadrangulaire dont les côtés sont munis de quatre portes principales, et dont l’architecture est vraiment splendide, bien que dénuée de toute solidarité et substantialité. Ce gigantesque palais contient une non moins vaste assemblée des Trois Joyaux et des Trois Racines, dont l’axe central est constitué par la succession des lamas de notre lignée, entourés par ceux des autres lignées ; les divinités de méditation en face ; les bouddhas à notre gauche ; les textes et écritures du dharma, derrière ; les bouddhas et bodhisattvas du sangha, à notre droite ; et les divinités protectrices formant une assemblée, soutenant par en dessous toutes les sources du refuge. Durante cette pratique, les sentiments négatifs liés à l’avarice sont tout à fait contraires à l’esprit du mandala.


« S’il vous plait, acceptez ce témoignage de compassion pour le bienfait de tous les êtres autant qu’ils en peuvent partager les bénéfices. »


Visualisation du mandala
Pour commencer une session de pratique du mandala, nous plaçons sur nos genoux un tas de grains de riz, et tenons notre disque dans la main gauche. Nous prenons une pleine poignée de grains et en frottons le disque, le nettoyant et le polissant avec la partie lisse du poignet, frottant trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre et trois fois en sens inverse.

Durant le développement de la visualisation du mandala, nous disposons les tas de riz sur le disque selon une configuration déterminée correspondant analogiquement à la cosmologie utilisée comme support de notre conception idéale de l’univers. Aussi notre visualisation commence-t-elle par celle du disque sous forme d’immense base d’or de ce système cosmique, de cet univers. Nous effectuons le premier dépôt de riz sur le disque, dans le sens des aiguilles d’une montre, en traçant une sorte de cercle couronne de grains autour du bord extérieur du disque. Nous imaginons alors une vaste chaîne de montagnes entourant la base d’or, comme une muraille de soutènement autour de notre système cosmique.

Ensuite, nous commençons à développer la visualisation proprement dite, étape par étape, déposant un tas de riz au centre du disque afin de symboliser le mont Méru, la montagne axiale de l’univers, et quatre tas de riz dans les quatre directions cardinales. Convenant que la direction qui nous fait face figurera l’Est, nous disposons ensuite les tas dans l’ordre suivant : Est, Sud, Ouest et Nord. Alors, selon un schéma particulier connu de tout familier de la pratique, nous plaçons à droite et à gauche du continent oriental deux petits tas de riz représentant deux sous-continents. Nous faisons de même sur les plus proches et lointains côtés du continent méridional, sur la gauche et la droite du continent occidental, enfin sur les deux côtés opposés du continent septentrional.

mandala 2     mandala 3

En disposant à nouveau des tas de riz dans les quatre directions, nous méditons sur les quatre aspects supplémentaires auxquelles les textes font référence. Le premier de ceux-ci est une gigantesque montagne de joyaux et de matières précieuses, située à l’Est dans la médiation. Le suivant situé au Sud est un bocage d’arbres magiques, capables d’exaucer tous es souhaits de la personne qui entre en contact avec eux. Le troisième aspect, à l’Ouest, est un troupeau de vaches reconnu comme tout-puissant dans sa capacité à accomplir les désirs de qui entre en contact avec lui. Enfin, se trouve au Nord un champ aux moissons miraculeuses qui pousse sans aucune culture, octroyant la richesse de la terre sans qu’il soit nécessaire de déployer le moindre effort.

Les éléments suivants, qu’il s’agit de visualiser, sont les sept attributs du monarque universel dont les quatre premier sont : la précieuse roue, le précieux joyau d’abondance, la précieuse reine et le précieux ministre ; tous visualisés tandis que nous disposons les tas de riz dans les quatre directions cardinales. Les trois derniers des sept attributs sont le précieux éléphant, le précieux cheval du monarque et le précieux général. Un huitième attribut est un grand vase empli de trésors et de richesses. Ces attributs sont médités dans les directions
intermédiaires : ainsi entassons-nous le grain au Sud-Est, Sud-Ouest, Nord-Ouest et Nord-Est.

Ensuite, nous visualisons les huit déesses d’offrande prodiguant différents plaisirs sensuels et différentes formes d’expérience sensorielle. Les quatre premières sont méditées dans les directions cardinales et le dépôt du riz est fait corrélativement à chacune d’elles. La première est la déesse de la joie et du rire ; la deuxième, la déesse des guirlandes de fleurs ; la troisième, la déesse du chant, et la quatrième, celle de la danse. Les qutre autres déesses d’offrande sont méditées dans les directions intermédiaires : la déesse des fleurs au Sud-Est ; la déesse de l’encens au Sud-Ouest ; la déesse des lampes, de la lumière et de l’illumination, au Nord-Ouest ; et la déesse de l’eau parfumée au Nord-Est.

Les éléments suivants sont le soleil et la lune : le soleil au Nord-Est et la lune au Sud-Ouest. Nous placerons alors dans ces deux directions respectives les tas de riz représentant l’ombrelle, symbole de la majesté et du pouvoir ; et la bannière victorieuse, symbole de la victoire des forces du bien sur celles du mal. Enfin, lorsque nous déposons la dernière pleine poignée de riz au centre du disque de telle sorte que les grains en débordent tout alentour, nous méditons sur le fait que l’univers se trouve lui aussi empli de toutes les richesses des dieux et des hommes, et que toutes sortes d’offrandes aussi splendides ou valeureuses qu’il est possible de les imaginer sont en train d’être dédiées aux sources du refuge et de combler l’univers.


Récitation du mandala en sept points
Pour commencer chaque session d’offrande au mandala, nous méditons sur la configuration élargie du mandala de l’univers qui est nommée le mandala aux trente-sept aspects. Nous pouvons le faire une fois ou un certain nombre de fois, mais la récitation et la pratique authentique utilisées comme corps principal de la méditation tiennent essentiellement en une courte prière de quatre lignes associée à une version abrégée du mandala connue sous le nom de « mandala en sept points ». Cette offrande spécifique est répétée cent mille fois ou plus exactement onze mille cent onze fois, afin d’accomplir intégralement la pratique préliminaire. La prière particulière de quatre lignes peut être traduite littéralement comme suit :

« La base dorée est ointe d’eau parfumée et parsemée de fleurs ; ce mandala est orné des continents, du soleil et de la lune. »

Les deux premières lignes de la prière font allusion à la structure de la visualisation, et les deux autres disent que grâce à cette offrande, et tandis que l’on se représente le royaume des bouddhas (l’assemblée des Trois Joyaux et des Trois Racines), il devient possible à tous les êtres de jouir du pur royaume de l’expérience.

On trouve aussi dans la liturgie deux lignes qui incitent à prêter attention à la vision élargie de la visualisation, de sorte que nous n’offrons pas seulement ce seul système cosmique à l’assemblée des bouddhas et bodhisattvas visualisés en face de nous, mais à tous les bouddhas et bodhisattvas, à tous les lamas, à toutes les manifestations de ces énergies, à toutes les sources du refuge dans toutes les directions. Par le simple geste de l’offrande au mandala, nous offrons millions sur millions de ces univers.

TSERAB KUN GYI LU DANG LONGTCHEU PEL
J'offre aux Trois Joyaux, les corps, biens et mérites de toutes mes vies,

TSOK NYI DZOK TCHIR KEUNTCHOK SOUM LA BUL
Afin de parfaire les deux accumulations de mérite et de sagesse.

GOUROU RATNA MANDALA KAM NIR YATA YAMI

La phase conclusive prend la forme d’une aspiration universelle ; que nous-mêmes et tous les êtres ayant présenté cette offrande puissions tous accomplir le développement de notre bienfait, approfondir notre connaissance et atteindre l’Eveil. A ce moment-là, nous nous identifions, ainsi que tous les êtres, aux sources du refuge à l’état d’Eveil. Nous méditons que le champ du refuge, cette assemblée visualisée dans le ciel en face de nous, se dissout en lumière et est absorbée en nous. Nous identifions nos forme, parole et esprit avec ceux des sources du refuge, et nous laissons l’esprit au repos, dans un état informel de connaissance non conceptuelle, aussi longtemps que nous le pouvons avec aisance.

Pour en savoir plus :
                Introduction à la pratique et au symbolisme du mandala dans le bouddhisme tibétain par Matthieu Ricard
                Mandala, Cercles sacrés du bouddhisme tibétain de Martin Brauen

Publié dans Ngöndro

Commenter cet article

Maous Artiste Défiant l Olibrius 25/02/2010 16:22


superbe article et très complet.
Merci aussi pour les informations sur les deux livres.
Amicalement, Maous
gestionnaire de la communauté Mandalas: Voyage dans le cercle


Céline 16/02/2010 19:11


Merci pour ce partage...