Prière du Septain de diamant

Publié le par Jadis

La prière du Septain de diamant, ou "prière en sept lignes", constitue le coeur de la pratique de Padmasambhava. Par elle, le yogi invoque avec ferveur l'esprit de Sagesse du maître et reçoit sa bénédiction et ses transmissions. Cette prière qui a la force d'un mantra, vient directement des dâkinîs, les messagères célestes de la sagesse.


HUM ORGYEN YUL GYI NOUP TCHANG TSAM HUM
Aux confins nord-ouest du pays de l'Oddiyâna,

PEMA GUESAR TONGPO LA
Sur le pistil d'une fleur de lotus,

YATSEN TCHOG GI NGODROUP NYE
Vous avez atteint le merveilleux et suprême accomplissement.

PEMA DJOUNG NE SHYE SOU TRAK
Vous êtes connu sous le nom de "Né-du-Lotus".

KHORDOU KHANDRO MANGPO KOR
Une assemblée de nombreuses dâkinîs vous entoure;

KHYE KYI DJE SOU DAK DROUP KYI
Je suis vos pas afin d'accomplir votre nature :

TCHIN GYI LOP TCHIR SHEK SOU SOL
Je vous prie de venir me bénir !

GOUROU PEMA SIDDHI HUM


La syllabe-germe de l'esprit né de lui-même est HUM. Par elle est invoqué l'esprit de Sagesse des Bouddhas. Située à l'ouest, la contrée des Vidyâdharas, l'Oddiyâna (ORGYEN), est le pays (YUL) des (GYI) dâkinîs. A sa frontière nord-ouest (NOUP TCHANG TS'AM) se trouve le lac appelé "Dhanakoça". Il s'agit de la vacuité parée des suprêmes moyens qui sont le reflet même de la reine de l'espace. Du point de vue des apparences ordinaires, c'est un trésor empli des qualités des mérites accumulés. Là, au milieu d'un bosquet de fleurs de lotus, parmi ces fleurs parfaites de lotus (PEMA) parées de leurs pétales et de leurs étamines (GUESAR) au complet, s'épanouit le tronc (DRONGPO) d'un bosquet de cinq couleurs, symboles des cinq familles. En leur centre, au (LA) coeur d'un lotus rouge - couleur de la famille Padma -, toutes les bénédictions et toutes les qualités des trois secrets de l'infinité des Vainqueurs des trois temps se condensèrent en une syllabe Hrî dans le coeur du Vainqueur Amitâbha. Quand le temps fut venu de discipliner les êtres à convertir, il en jaillit un faisceau de rayons lumineux des cinq couleurs (qui alla toucher) les Vainqueurs des dix directions en nombre infini et leurs fils les bodhisattvas. Emus, ils jetèrent chacun une fleur pour le bien de tous les êtres des trois mondes, et toutes atterrirent sur le lit d’étamines de la fleur centrale. Là, elles se transformèrent en la manifestation du roi des Vidyâdharas, le Grand Maître Padmasambhava, intrépide et inégalé dans les trois mondes. Eminent, paré de toutes les suprêmes qualités, son Corps discipline au moyen de grands mérites, son Verbe discipline par l’enseignement qu’il donne à suivre et son Esprit discipline au moyen de rigpa. Par d’inconcevables miracles, il conduit tous les êtres à la délivrance. Apparu spontanément, son Corps immaculé montrait tous les signes et marques d’un Bouddha. Intronisé par le roi Indrabodhi comme son propre fils, il abandonna ensuite le royaume pour pratiquer l’ascèse tantrique dans les huit charniers. S’entraînant selon les méthodes de l’océan des Véhicules extérieurs et intérieurs, il déploya les formes des Huit Manifestations, apparitions illusoires. Par sa force et son pouvoir adamantins, il annihila les démons et domina les arrogants esprits du monde phénoménal. Il établit aussi de nombreux êtres sur le sentier de la maturation et de la libération selon le Mantrayâna secret. Telle est la manière merveilleuse (YA TSEN) dont il s’offrit pour combler les trois mondes de sa gloire admirable. Loin d’être un simple accompli, un tel être est pleinement éveillé depuis l’origine.

septain diamant
Son accomplissement est suprême (TCHOK GI NGO DROUP), car il a acquis ou trouvé (NYE) la maîtrise en tant que Grand Vajradhara de l’union. Il lui fut donné le nom de « né-du-Lotus » (PEMA DJOUNG NE SHYE SOU), qui est le plus universellement connu (DRAK). La conviction définitive qu’il est lui-même un refuge infaillible _ l’essence qui réunit les trois refuges _ en fait l’objet de nos prières. Souverain suprême des Vidyâdharas, il a pour entourage (KHOR DOU) les disciples spéciaux du Mantrayâna secret, les dakas et dâkinîs (KHANDRO) qui sont dits « nombreux » (MANG PO) à l’entourer (KOR) parce qu’en nombre inconcevable, telles des graines de sésame amassées dans leur cosse prête à éclater. En vérité, immensurable est l’océan des trois racines et des protecteurs assermentés, et bien qu’il constitue l’entourage (de Padma), il n’est autre qu’un déploiement illusoire de la sagesse du Maître sous l’apparence de disciples. De ce fait, le Seigneur et son entourage ne sont pas de nature différente et ils sont l’objet collectif de notre prière.


L’esprit animé d’une fervente dévotion, avec une intention pure, dirigé entièrement vers le Protecteur et son entourage aux qualités pareilles au joyau-qui-exauce-les-souhaits, entonnez la prière et, au moyen du corps prosternez-vous. Connaissant le caractère infaillible des qualités de ces objets de Refuge, tous les autres dharmas de ce monde se révélant être de simples écorces, pensez avec conviction, l’esprit fixé en un seul point : « Protecteur, sans cesser de suivre vos pas (KHYE KYI DJE DOU), moi-même (DAK) et tous les autres êtres, nous nous accomplirons (DROUP). De ce fait (KYI), puisque votre nature de protecteur infaillible est une compassion infinie, à cet instant même, sans oublier ni rejeter aucun des êtres sensibles qui, comme moi, errent dans l’océan des trois souffrances, vos bénédictions (TCHIN GYI) inconcevables de l’Esprit, du Verbe et du Corps secrets, à la manière de la poudre de projection qui change le métal vil en or, touchent (LOP) le corps, la parole et l’esprit de ceux qui, comme moi-même et autrui, cherchent un refuge. C’est pourquoi (TCHIR), bien que vous demeuriez dans les champs purs du Corps d’apparition naturel tels que Ngayap Pelri, je vous prie de venir (SHEK SOU SOL) en ce lieu grâce au puissant dynamisme de votre compassion. » Ayant prononcé ces mots qui octroient les bénédictions, dites également ce mantra : GURU est le maître qui est lourd de toutes les qualités et n’a pas son pareil, PADMA est le premier nom du Grand de l’Oddiyâna, SIDDHI signifie essentiellement les accomplissements suprême et ordinaires, et HUM est une exhortation unique et essentielle pour obtenir de tels accomplissements.




Pour en savoir plus :
                Le Lotus blanc, l'explication de la prière en sept lignes au Guru du Lama Mip'am

Publié dans Mantras & Prières

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