Autel & Offrandes
Si les Bouddhas n'ont pas besoin de nos sentiments pour nous ouvrir les portes de leur compassion, nous avons besoin, nous, de diriger vers eux nos pensées pour recevoir la lumière. L'offrande est un moyen précieux d'opérer ce mouvement vers les Bouddhas. Faire des offrandes, aussi simples soient-elles, sur un autel, c'est d'abord témoigner notre considération aux diverses expressions de l'Eveil. L'offrande tire tout son sens moins de l'objet présenté que de l'attitude intérieure présidant à notre geste : foi, confiance, dévotion, respect, et humilité.L'offrande permet de développer les virtualités spirituelles, car elle participe à la double accumulation. L'accumulation de mérite : tout acte "positif" produit du mérite, c'est-à-dire un potentiel karmique porteur de bonheur. L'accumulation de connaissance primordiale : la connaissance primordiale est la découverte par l'être de sa vraie nature, au-delà de toute dualité. Aussi, devant la représentation que nous avons choisie, statue ou photo, nous disposons les marques matérielles et symboliques de notre considération et de notre hommage, sous la forme des huit offrandes traditionnelles. De gauche à droite : l'eau pour boire, l'eau lustrale, les fleurs, l'encens, la lumière, l'eau parfumée, la nourriture, la musique. Soit sept bols et une lampe. |
| La représentation | |
| Tout en sachant que nos offrandes s’adressent à l’Eveil omniprésent et infini, nous le rendons plus accessible par une représentation simplement présente et finie. On place donc sur son autel, éventuellement légèrement surélevée par rapport au support principal, une statue ou une photo, habituellement de Bouddha, mais ce peut être aussi de Tchenrézi, de Tara, d’un autre yidam ou d’un maître spirituel du passé ou du présent. Une statue prend vie en étant « chargée » : on y met à l’intérieur au moins des mantras écrits. Le mieux est de demander à un lama de procéder à cette opération. Quant à une photo est elle consacrée par l’inscription au dos les trois syllabes OM, AH, HOUNG, (respectivement au niveau du front, de la gorge et du cœur) en tibétain. |
| L'eau pour boire | |
| Le premier bol contient de l’eau, représentant la boisson rafraîchissante que l’on offrait au voyageur : une eau claire et potable. On peut rendre l’offrande plus précieuse en faisant de l’eau safrané. Prendre une pincée de safran et la faire bouillir dans un litre d’eau. Il faut mettre assez de safran pour obtenir une jolie couleur jaune orangé. |
| L'eau lustrale | |
| Le deuxième bol, tout comme le premier contient de l’eau, mais, cette fois-ci, elle symbolise celle qu’on présentait au voyageur pour lui laver les pieds. On peut aussi utiliser de l’eau safranée. |
| Les fleurs | |
| Lorsqu’un bol n’est pas destiné à contenir de l’eau, on l’emplit de riz sur lequel on pose l’objet offert, ici une ou deux fleurs, naturelles ou en soie. En plus de ce bol fleuri, on peut aussi, à l’occasion, agrémenter l’autel d’un bouquet ou d’un pot fleuri. On utilise du riz blanc, rond de préférence. On peut, comme pour l’eau, l’enrichir de safran. |
| L'encens | |
| Le quatrième bol reçoit l’encens : simplement quelques bâtons piqués dans le riz. Cet encens piqué n’est pas destiné à être brulé. L’encens effectivement brulé est placé dans un autre récipient, par exemple un bol ordinaire empli de riz ou de sable, posé par terre devant l’autel. |
| La lumière | |
| Les lampes à beurre tibétaines d’une forme bien définie, sont en argent ou en cuivre. Car, en Europe, il est beaucoup plus pratique d’emplir la lampe d’huile que de beurre, on utilisera une huile de bonne qualité (arachide, maïs, palme) permet une offrande plus belle et plus généreuse. On peut éventuellement remplacer la lampe à huile par une bougie ou une veilleuse. La tradition veut qu’on ne souffle jamais sur une flamme : ce serait éteindre le souffle de sa propre vie. On éteint donc une bougie en pinçant la mèche entre ses doigts, ou autre. Fabriquer soi même des lampes à beurre |
| L'eau parfumée | |
| C’est la même eau que celle des deux premiers bols. On peut y ajouter quelques gouttes de parfum ou des pétales de fleurs. |
| La nourriture | |
| Le bol est empli de riz, sur lequel est posé un beau fruit, un biscuit. A changer avant que l’offrande ne soit plus comestible. On peut aussi placer sur ce bol une petite torma de farine, appelée shelzé, représentant l’offrande de nourriture. |
| La musique | |
| On pose sur le riz remplissant le bol le symbole d’un instrument de musique, le plus souvent un coquillage (représentant la conque), ou bien une petite clochette. |
| Les offrandes quotidiennes |
| Les bols contenant de l’eau se remplissent chaque matin et se vident chaque soir. Ceux qui contiennent du riz restent continuellement en place. On peut renouveler le riz à chaque pleine lune. On dispose alors le riz usagé en le rependant dans la nature pour les oiseaux ou d’autres animaux. Le matin Les trois bols destinés à contenir de l’eau se présentent vides et retournés. On se servira pour les remplir d’un récipient réservé à cet effet ; On emplira les bols de gauche à droite. On verse un peu d’eau dans le premier bol, de celui-ci un peu dans le second, puis du second un peu dans le cinquième de sorte qu’un peu d’eau couvre le fond des trois bols. On remplit ensuite chaque bol, généreusement mais pas tout à fait à ras. Après quoi il faut consacrer les offrandes. On prend un peu d’eau dans le bol d’eau parfumée, soit en y trempant un bâton d’encens, soit en y humectant l’annulaire droit, et l’on asperge les offrandes. En même temps, on récite trois fois le mantra OM AH HOUNG en faisant précéder le premier OM AH HOUNG des syllabes RAM YAM KAM. RAM représente le feu qui brûle les impuretés, YAM le vent qui les balaie, KAM l’eau qui lave. Après la consécration, en signe d’hommage, on fait trois prosternations face à l’autel. Le soir On vide les bols d’eau de droite à gauche, puis on les essuie et on les pose à l’envers jusqu’au lendemain matin. On vers cette eau dans un endroit propre : dans la nature. |
Pour en savoir plus :
Un autel bouddhiste de tcheuky Sènguè, ed. Clair lumière
Un autel bouddhiste tibétain
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Si les Bouddhas n'ont pas besoin de nos sentiments pour nous ouvrir les portes de leur compassion, nous avons besoin, nous, de diriger vers eux nos pensées pour recevoir la lumière. L'offrande est un moyen précieux d'opérer ce mouvement vers les Bouddhas. Faire des offrandes, aussi simples soient-elles, sur un autel, c'est d'abord témoigner notre considération aux diverses expressions de l'Eveil. L'offrande tire tout son sens moins de l'objet présenté que de l'attitude intérieure présidant à notre geste : foi, confiance, dévotion, respect, et humilité.