La méditation de Dorje Sempa ou Vajrasattva

Publié le par jadis

La méditation de Vajrasattva, ou de Dorje Sempa (en tibétain), vise particulièrement à purifier notre esprit de l’obscurité et de la confusion, tout comme la négativité et des empreintes karmiques qui en résultent. Diverses forces peuvent être mises en pratique afin de nous purifier. Traditionnellement, ils sont au nombre de quatre.

La première force est celle du support, base à partir de laquelle nous travaillons à notre purification. L’engagement personnel du Hinayana, les vœux de bodhisattva du Mahayana, ou le samaya du Vajrayana, fournissent ce support. L’engagement fondamental que nous respectons est considéré comme très important. Violer délibérément notre engagement-racine est assimilé à une faute encore plus grave que de commettre l’un des cinq actes inexpiables (tuer son père, tuer sa mère, tuer son maitre spirituel ou un être hautement évolué spirituellement ; blesser physiquement un bouddha ou avoir envers lui de mauvaises intentions ; enfin, provoquer des divisions à l’intérieur du sangha ou assemblée des pratiquants).

La deuxième force est la méthode utilisée à titre de remède dans une situation donnée. Ici, la méthode de purification est la méditation de Dorje Sempa :
dorje-sempa Visualisation de la forme de Dorje Sempa
Au commencement d’une session de méditation nous nous visualisons sous notre aspect ordinaire, puis nous imaginons au sommet de notre tête une fleur de lotus blanche sur laquelle est posé le disque plat de la pleine lune formant le trône ou le siège sur lequel est assise la forme de Dorje Sempa. Cette forme blanche a un visage et deux mains : la main droite tient un dorje d’or au niveau du cœur et la main gauche tient une cloche d’argent tournée vers le haut et reposant sur l’aine gauche. Cette forme divine est assise jambes croisées parée des joyaux et vêtements de soie du Sambhogakaya. Dans le cœur du Dorje Sempa nous visualisons le disque lunaire formant une sorte de siège ou de support sur lequel se tient droite la syllabe-germe de Dorje Sempa, la syllabe HOUNG de couleur blanche. Puis nous visualisons les syllabes blanches du mantra de cent syllabes disposées dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et tournées vers l’extérieur. Le mantra se déroule alors lentement dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Après avoir mêlé ces aspects divins (connaissance éveillée et lien), nous adressons nos prières à la divinité en qui nous reconnaissons la manifestation de notre lama sous la forme de Dorje Sempa. Puis, en notre nom comme en celui de tous les êtres nous reconnaissons toute l’opacité et la confusion de notre esprit, toue la négativité et tous les actes nuisibles que nous et tous les êtres avons commis dans toutes nos vies depuis l’origine des temps sans commencement.

hung Visualisation du flot de nectar
En réponse à cette prière, nous méditons que de la syllabe-germe et des syllabes du mantra situé dans le cœur du Dorje Sempa, un nectar semblable à du lait commence à s’écouler. Ce nectar blanc, lumineux, s’écoule des syllabes centrales du mantra et remplit la forme entière de la divinité. Puis, la divinité étant surabondamment emplie de ce liquide, le nectar déborde et commence à s’écouler de la forme divine dans notre propre forme en passant par un orifice visualisé au sommet de notre crane. Tandis qu’il nous remplit aussi, nous méditons que cet élixir expulse toute l’opacité et la confusion de notre esprit, sous forme de substances noires et sombres telles que la suie et la boue. Elles sont expulsées de notre corps par les orifices d’excrétion, par les pores de la peau, les paumes des mains et les plantes des pieds. Au niveau du corps, notre engagement dans cette pratique consiste à conserver une posture correcte de méditation. Le corps doit être aussi droit et aussi immobile que possible, afin que l’esprit puisse être attentif et visualiser le flot ininterrompu de nectar s’écoulant de la divinité dans notre propre être.

posture Récitation du mantra de cent syllabes
Au plan verbal la pratique consiste en la récitation du mantra de cent syllabes. Pour accomplir cette partie, on doit réciter ce long mantra cent onze mille cent onze fois. A la suite de quoi on peut aussi faire usage d’un court mantra OM BENZA SATTO HOUNG comme mantra complémentaire à réciter six cent soixante-six mille six cent soixante-six fois au cours de cette pratique. Il est dit dans un des tantra : « Si nous pouvons réciter le mantra cent huit fois consécutives sans que notre esprit soit distrait, nous devenons un fils ou fille du Victorieux. » A la fin de chaque session de méditation, nous offrons une prière au Lama Dorje Sempa, en reconnaissant ouvertement toutes les fautes et tous els manquements commis par nous-mêmes et touts les êtres, et particulièrement toute infraction au samaya tantrique. Il est primordial, pour assurer le succès de la pratique, de méditer en développant une attitude de gratitude envers le fait que cela ait pu avoir lieu. Après cela, notre méditation consiste à voir la divinité en dissoudre en lumière et être absorbée en nous qui nous identifions ainsi totalement à la forme, la parole et l’esprit de la divinité. Puis nous laissons un court moment l’esprit au repos, dans l’état informel de la conscience éveillée.

La troisième force est celle du repentir, intervenant lorsque nous nous rendons compte des effets négatifs d’une de nos actions, ou degré de confusion intérieure, et que nous désirons sincèrement les dissiper.

Enfin, par la quatrième force nous nous promettons et prenons l’engagement intérieur d’abandonner toute tendance, action ou état de confusion et de ne plus, à l’avenir, renforcer ces tendances, mais plutôt de nous tourner dans un sens positif. C’est ce qu’on nomme la force de l’antidote.

Les textes parlent de signes évidents attestant que notre purification est effective. Les marques les plus certaines de notre purification, de notre développement et de notre réceptivité aux bénédictions sont l’approfondissement de notre compassion envers les autres, notre foi en notre lama et les Trois Joyaux, notre compréhension et croyance en la loi du karma, et notre renoncement à nous investir dans le monde du samsara. Si ces qualités se développent, nous pouvons y voir les signes d’une purification réelle et d’une bénédiction reçue.


Voici un exemple de visualisation différent de celui expliqué ci-dessus et hélas en chinois non sous-titré :

Publié dans Ngöndro

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